à propos

La mémoire de l’artisan

Toute petite j’ai passé de nombreuses heures dans l’atelier d’ébénisterie de mon père à le regarder faire de magnifique meubles et sans m’en rendre compte ce métier m’a collé à la peau, à ma façon !

J’ai fondé La mémoire de l’artisan en 2001, avec mon expérience comme restauratrice de meubles, éco-designer trippant sur le recyclage, et avec comme mot d’ordre: la durabilité, l’environnement et la conservation du patrimoine mobilier. Et cela, que ce soit pour redonner vie aux meubles de mes clients ou pour créer des œuvres avec de la personnalité à partir de meubles anciens ou vintage.

J’ai obtenu un diplôme en ébénisterie, suivi d’un stage de plus de 6 mois au Centre de conservation du Québec (CCQ), eu une subvention du conseil des métiers d’arts, j’ai œuvré en France dans des centres de restauration-conservation dont le Musée des Arts décoratifs de Paris. J’ai d’ailleurs été la première artiste de soutien à être considérée par le conseil des métiers d’art. J’ai ensuite démarré mon atelier pour offrir des services de restauration de meubles anciens avant d’ajouter le rembourrage, quelques années plus tard, à la suite de l’obtention d’un diplôme en rembourrage artisanal à l’École du meuble de Montréal.

Depuis 2005, j’ai le grand plaisir d’enseigner la finition dans plusieurs écoles ainsi qu’à l’atelier à une clientèle diversifiée incluant des groupes ayant des problèmes en santé mentale.

J‘investi tout mon cœur et mon âme dans chaque meuble qui passent entre mes mains. Le travail que j’accompli me passionne. Quand on m’apporte un meuble, je pense à l’artisan qui l’a façonné avec amour. Car il y a de l’amour quand on travaille avec le bois, cette matière noble, belle, odorante qui se laisse manœuvrer quand on la traite avec douceur.

Aux fils des ans, j’ai gagné en notoriété et en respect de mes pairs.

Malheureusement, nous sommes à une époque où la recherche de la perfection fausse notre jugement de la vraie beauté. Nous faisons souvent appel aux restaurateurs privés pour « remettre à neuf » un objet ou un meuble, mais cette pratique ne constitue pas notre véritable mission.

Je ne veux pas maquiller ou cacher les imperfections. Je suis restauratrice/conservatrice de meuble et rembourreur : ma mission première est de ralentir le plus possible la dégradation d’un meuble ancien pour lui permettre de traverser le temps avec ses « rides » et, s’il y en a, les lacunes présentes dans le travail de l’artisan qui a créé le meuble. C’est ainsi, à mon humble avis, que l’on peut respecter le travail des anciens.
Un meuble ancien n’est pas qu’un objet utilitaire ; c’est aussi une œuvre d’art que l’on doit mettre en valeur, reflet et témoin de son époque, une œuvre vivante dont il faut préserver à la fois l’authenticité et les traces laissées par ses utilisateurs.

Voilà ce qu’est la Mémoire de l’artisan, un mélange entre la conservation de l’objet et par moment la folie visuelle dans le choix des tissus utilisés !!